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Présentation

L’étang de Bolmon, espace naturel périurbain se situe entre le massif de la Nerthe et l’Etang de Berre, duquel il est séparé par le cordon dunaire sableux, le Lido du Jaï. Il est alimenté en eau douce par la rivière Cadière.

Traité comme le réceptacle des rejets polluants du bassin versant dès les années 1970, l'intervention de l'Europe (programme Life MedWet), du Ministère de l’Environnement (réhabilitation de l’Etang de Berre et de ses rives), du Conservatoire du littoral (maîtrise foncière) et du SIBOJAI (gestionnaire) ont permis de le requalifier dès 1992, comme un espace naturel en cours de réhabilitation.

20 ans après, la plupart des pressions ayant été éliminées, ce site révèle toute sa richesse. Lagune peu salée de 600 ha, marais temporaires méditerranéens, prairies humides, sansouïres, pelouses steppiques, boisements (pinède et ripisylve) et lido dunaire composent la mosaïque de paysages naturels du site de l’Etang de Bolmon.

Les rives de l’Etang de Berre ont considérablement évolué au cours du temps. A la fin de la glaciation (il y a 10 000 ans), le niveau de la Méditerranée remonta créant ainsi l’actuelle « mer de Berre ». Cette mer intérieure offrait aux populations récemment arrivées des ressources naturelles et abondantes en poissons et en sel. Les Celto-ligures, qui occupaient le pourtour de l’étang avant l’arrivée des Grecs puis des Romains, furent appelés les Salyens car ils cultivaient le sel. L’économie locale resta longtemps centrée sur ces productions.  

Puis, la culture de la Garance tinctoriale, utilisée pour la teinture des pantalons des « Lignards » en 1914, et celle de la Soude utilisée pour la fabrication du verre et du savon, persistèrent jusqu’au début du XXe siècle où elles sont délaissées au profit d’une industrialisation et d’une urbanisation des rives de l’Etang de Berre et de Bolmon.

C’est d’ailleurs pour contrer les projets de promoteurs immobiliers que le Conservatoire du littoral a commencé à acquérir des terrains sur l’étang du Bolmon à partir des années 1990.

Biodiversité

La faune 

L’Etang de Bolmon constitue l’un des espaces naturels les plus riches en oiseaux du pourtour de l’Etang de Berre : à ce jour, 252 espèces ont été recensées dont une cinquantaine nicheuses telles que le Héron Crabier, le Canard chipeau, la Nette rousse, le Busard des roseaux, l’Echasse blanche et l’Oedicnème criard.

Parmi les hivernants et les migrateurs : Fuligules milouins et morillons, Balbuzard pêcheur, Eider à duvet…

Il abrite aussi des chauves-souris, des insectes (500 espèces recensées en 2001) ainsi que 16 espèces de reptiles dont la Cistude d’Europe, une tortue d’eau douce menacée et protégée.

La flore 

Dans les marais de Paluns et Barlatier se trouvent des phragmitaies, que jouxtent des prairies humides à Joncs et Scirpes maritimes ainsi que des sansouïres.

Ces marais abritent près de 30 espèces remarquables, menacées et protégées parmi lesquelles la Scorsonère à petites fleurs, le Crypsis piquant et la Cresse de Crête ou encore les herbiers de Renoncules aquatiques, de Callitiches, de Characées et de Zannichellie peltée.

Le cordon dunaire du Jaï, les pelouses steppiques en augmentent la richesse avec respectivement l'Ephedra distachya, l’Ophrys à miroir et la Saladelle cordée.


 

Partage du territoire entre usagers

Le site du Bolmon et du Jaï est protégé par le Conservatoire du littoral et le SIBOJAI (Syndicat Intercommunal du Bolmon et du Jaï) depuis 20 ans.

Au cours des deux dernières années, les autorités locales et les associations d'usagers ont demandé au SIBOJAI d'améliorer le partage du territoire entre les usagers. La carte ci-dessous présente le résultats de deux ans de concertations entre les usagers.

 

Les missions de conservation de la nature, des dunes, des forêts, des marais, zones-humides et lagunes et de la biodiversité prennent ici tout leur sens.

Le partage du territoire entre chasseurs et promeneurs, naturalistes, sportifs est redéfini.

Des suivis des oiseaux d'eau hivernants et migrateurs permettront de mesurer l'efficience de cette mesure et, le cas échéant de modifier les contours des zones de chasse et des réserves. Les carnets de chasse mis en oeuvre par les Sociétés de chasse permettront d'améliorer ce partage.